Présence et absence
La pleine conscience nous renseigne sur ce qui apparaît dans l'esprit. Elle est accompagnée d'autres facteurs mentaux qui indiquent si ce qui est apparu est sain ou malsain, à cultiver ou abandonner. Mais la pleine conscience doit également être appliquée aux absences. Par exemple, dans le passage sur Cittānupassanā du Satipatthāna Sutta (MN 10), le Bouddha enseigne :
« Il reconnaît un esprit plein d’avidité comme étant un esprit plein d’avidité. Un esprit sans avidité comme étant un esprit sans avidité.
Il reconnaît un esprit plein de haine comme étant un esprit plein de haine.
Un esprit sans haine comme étant un esprit sans haine.
Il reconnaît un esprit plein d’illusions comme étant un esprit plein d'illusions.
Un esprit sans illusion comme étant un esprit sans illusion. »
Le passage sur Dhammānupassanā nous dit que le méditant doit être conscient de la présence et de l'absence de chacun des cinq obstacles et des sept facteurs d'éveil :
« Lorsque le désir sensuel est présent en lui, il sait « il y a du désir sensuel en moi. » Lorsque le désir sensuel est absent, il sait, « il n'y a pas de désir sensuel en moi » ...
« Lorsque le facteur d'éveil de la tranquillité est présent en lui, il sait qu'il est présent en lui. Lorsqu'il est absent, il sait qu'il n'est pas présent en lui. »
Dans la pratique de la méditation, la conscience de l'absence totale des cinq obstacles donne naissance aux facteurs de jhāna de pīti (ravissement/joie) et de sukha (bonheur/bien-être). Dans la pratique de sīlanussati, la conscience de l'absence de transgression des préceptes peut remplir la même fonction.