La fausse sagesse du recul
Avec le recul, tout le monde devient plus lucide. Ou, si ce n’est pas tout à fait plus lucide, disons plus avisé. C’est du moins l’impression que l’on a. Tout à coup, on voit tout ce qu’on aurait dû faire et qu’on n’a pas fait, tout ce qu’on n’a pas fait et qu’on aurait dû faire ; tout ce qu’on aurait dû dire et qu’on n’a pas dit, tout ce qu’on n’aurait pas dû dire, mais qu’on a dit quand même. Cette sagesse rétrospective est particulièrement convaincante au lendemain de la séparation d’avec un être cher. Nous oublions que nous avons souvent, pour ainsi dire, erré sans carte dans un vallon brumeux. Nous pensons que nous aurions dû faire mieux. Le Bouddha nous enseigne à reconnaître que de nombreux facteurs complexes et incommensurables influencent nos vies. Nous ne pouvons jamais être tout à fait sûrs que nos décisions, aussi mûrement réfléchies soient-elles, produiront un bon résultat. Nous trouvons refuge dans la sincérité avec laquelle nous les avons prises, et non dans leurs résult...