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Observez le cœur. Connaissez le cœur.

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  Ajahn Thā (ou Luang Pu Thā), l’un des plus grands moines de la forêt du XXe siècle, naquit en 1909, à quelques kilomètres seulement du village où Ajahn Chah allait naître neuf ans plus tard. Ses débuts dans la vie monastique furent semblables à ceux d’Ajahn Chah. Il devint novice à quinze ans, puis moine pendant cinq ans. Mais alors que la frustration d’Ajahn Chah face au manque d'enseignants de méditation à Ubon l’avait poussé à partir en quête d’un maître dans le centre de la Thaïlande, Luang Pu Thā, désabusé, quitta les ordres et alla travailler dans la rizière familiale. Le tournant de la vie de Luang Pu Thā survint lorsqu’il tomba gravement malade, une maladie qui le fit souffrir terriblement et le mena au bord de la mort. À un moment donné, sa tante (qui l’avait élevé depuis qu’il était orphelin) lui murmura à l’oreille d’un ton pressant qu’il devait continuer à réciter intérieurement le mantra « Bud-dho » et faire le vœu de devenir moine pour la vie s’il se rétablissait. I...

Grand honneur et grande simplicité

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  Il y a cinquante ans, Ajahn Chah reçut le titre royal de Phra Bodhinyana Thera lors d'une cérémonie organisée au palais. Le roi Bhumibol Adulyadej lui présenta un certificat, un éventail de cérémonie et un ensemble de robes. À son retour à Ubon, une foule nombreuse accueillit Ajahn Chah à la gare, et la voiture qui le conduisait à son monastère ouvrait un long cortège de véhicules de toutes sortes. Ce fut un moment de grande joie. Mais tout le monde n'était pas heureux. Ajahn Chah fut l'un des premiers moines de la forêt à recevoir un tel honneur, et certains de ses disciples estimaient que les moines de la tradition ascétique de la forêt devaient se tenir à l'écart de ce genre de choses. Ils ne savaient toutefois pas expliquer exactement comment s'y prendre.  Bien des années plus tard, on peut mieux discerner les répercussions de l'élévation d'Ajahn Chah. Pour de nombreux moines des villes, cela a constitué une légitimation des moines de la forêt. La méfi...

Ne jamais juger un livre à sa couverture

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  En 1975, l’humoriste anglais Alan Coren publia un livre au titre insolite. Après avoir mené des recherches sur les genres de livres les plus populaires publiés cette année-là, il décida que la couverture de son ouvrage porterait une grande croix gammée noire sous le titre « Golfing for Cats » (« Le golf pour les chats »). Le décalage entre l’apparence des gens et leur réalité intérieure a été mis en évidence auprès de ma génération à travers une métaphore littéraire. Je me souviens que mon père m’avait averti dès mon plus jeune âge de ne jamais juger un livre à sa couverture. Plus tard, j’ai découvert que Shakespeare développait ce thème dans Hamlet : « Un homme peut sourire et sourire et n'être qu'un scélérat. » Malgré ce bon conseil, il est édifiant de constater à quel point nous jugeons les gens sur leur apparence. Dans sa méta-analyse de 1992 intitulée « Les personnes attrayantes ne sont pas ce que nous pensons », Feingold constata que les gens, en général, surestimaient ...

Quel est ce désir ?

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  Dans l'Anaṅgaṇa Sutta, le Vénérable Sāriputta prononce un discours sur les « souillures ». Il décrit en détail les situations dans lesquelles les moines se mettent en colère et deviennent amers lorsque leurs désirs sont contrariés. Les exemples qu'il donne sont banals et faciles à comprendre. En voici quelques-uns : Il commet une infraction au code disciplinaire du Vinaya. Il se dit : « Puissent mes confrères moines ne pas l'apprendre ! » Lorsqu'ils l'apprennent, il se met en colère et devient amer. Il souhaite : « Puissé-je être réprimandé en privé pour mon infraction. » Lorsqu'il est réprimandé au milieu du Sangha, il se met en colère et devient amer. Il souhaite : « Puissé-je recevoir la meilleure nourriture d'aumône au réfectoire ! » Lorsqu'un autre moine reçoit la meilleure nourriture, il se met en colère et devient amer. Il souhaite alors : « Oh, si seulement les autres moines et nonnes, les laïcs et les laïques pouvaient m'honorer, me respec...

La respiration comme contemplation du corps

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La plupart des enseignants de la Tradition de la Forêt Thaïlandaise recommandent de méditer sur les aspects peu attrayants, voire repoussants, du corps, et de décomposer mentalement le corps en ses éléments constitutifs. Dans la vie quotidienne, ils encouragent la conscience des quatre postures et une vigilance à l’égard de tous les mouvements du corps (dans la formation monastique, de nombreuses règles du Vinaya vont dans ce sens). Il est toutefois rare que les enseignants parlent de la pleine conscience de la respiration comme d’une forme de contemplation du corps. Néanmoins, elle est traitée comme telle dans le Satipaṭṭhāna Sutta (MN10). Et dans le Kimbila Sutta (SN 54.10), où le Bouddha établit une correspondance entre les quatre fondements de la pleine conscience et les quatre tétrades de l'enseignement de l'ānāpānasati en seize étapes, cela est clairement indiqué. « Chaque fois, Ānanda, qu'un bhikkhu, en inspirant, sait : "Mon inspiration est longue" ; en ex...

Sīla et Mettā se renforcent mutuellement

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  La pratique du Dhamma agit à la fois de l'intérieur vers l'extérieur et de l'extérieur vers l'intérieur. La pratique de mettā, par exemple, améliore notre conduite. À mesure que nous générons sans cesse des pensées de bienveillance envers tous les êtres sans exception, ces pensées deviennent le mode par défaut de notre esprit. En conséquence, des pensées de colère, d'agressivité, de rancune et de vengeance sont de moins en moins souvent présentes. Avec la diminution de ces pensées, les occasions où nous agissons ou parlons de manière violente se raréfient. Nous sommes alors plus facilement en mesure d'offrir le don de la sécurité à ceux qui nous entourent. Ainsi, la culture intérieure contribue à la purification de sīla. Dans le même temps, bien que cela soit peut-être moins évident, la pratique de sīla renforce mettā. Si nous gardons constamment à l'esprit la détermination de nous abstenir de toute forme de violence physique et verbale, ce refus inébranla...

La mémoire peut se cultiver

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Les anciennes méthodes indiennes de mémorisation des textes étaient d’une sophistication presque incroyable. Afin d’éviter toute perte de mots ou altération dans les textes, les spécialistes de la tradition orale apprenaient non seulement le texte dans son intégralité, mais aussi ses différents éléments selon divers schémas. La méthode la plus simple consistait à mémoriser le texte par paires de mots consécutifs (1–2, 2–3, 3–4…). Dans « La Guirlande », ils organisaient les mots en séquences complexes entrelacées, évoquant des compositions florales. Ma préférée est « Le Char », où des segments composés de plusieurs mots tournent symétriquement vers l’avant et vers l’arrière, à l’image des roues d’un char. Les textes mémorisés de cette manière présentent un haut niveau de fiabilité. D’autres techniques de mémorisation étaient largement pratiquées, notamment dans les cultures Telugu et Kannada du sud de l’Inde. Lors de certains défis comportant une centaine de tâches, qui duraient plusieu...

Dhamma-Vinaya

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L'une des choses qui m'a d'abord attiré vers le bouddhisme durant mon adolescence  et qui n'a cessé de m'occuper l'esprit depuis lors, est son examen de la relation entre la vie intérieure et extérieure. L'importance que le Bouddha accordait à cette relation est illustrée par le fait qu'il a désigné le chemin vers la libération sous le nom de Dhamma-Vinaya. Il s'agit d'une éducation globale de notre monde intérieur et extérieur, de notre esprit, de notre corps et de notre conduite, de nous-mêmes et des autres. Le Dhamma s'intéresse à la nature des choses, aux raisons pour lesquelles elles sont ainsi, aux états d'esprit qui dissimulent la vérité et causent la souffrance, ainsi qu'à ceux qui révèlent la vérité et éliminent la souffrance. Le Vinaya désigne l'ensemble des moyens par lesquels nous pouvons soutenir l'étude, la pratique et la réalisation du Dhamma. Sur le plan social, le Vinaya peut prendre la forme de lois, de règle...

Quand l'esprit cherche sa dose de plaisir

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Le premier obstacle à la paix intérieure et à la sagesse est kāmacchanda , généralement traduit par « désir sensuel ». Dans la pratique de la méditation, cet obstacle se manifeste par le plaisir tiré des souvenirs et de l’imagination. La dernière chose que l’esprit non entraîné ait envie de faire, c’est de se concentrer sur quelque chose d’aussi fade et inintéressant que semble l’être la respiration. Essayer de maintenir son attention sur la respiration semble ennuyeux et frustrant. L’esprit se rebelle. Il veut du plaisir, et il le veut tout de suite. Assis en tailleur sur le sol, nous ne pouvons pas trouver physiquement cette dose de plaisir, alors nous la cherchons en nous. Les pensées liées à ce que nous aimons nous apportent une récompense immédiate. Les fantasmes sexuels sont les plus captivants, mais tout ce qui nous procure du plaisir fera l’affaire. Cela peut être aussi anodin que de se remémorer d’agréables souvenirs de famille ou l’anticipation de projets futurs. Cela peut...

Résister à la manipulation

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Cultiver la pleine conscience nous aide à rester vigilants et donc à nous prémunir contre les tentatives de manipulation. Ces dernières prennent de nombreuses formes selon leurs objectifs : nous faire croire, accepter, consentir, consommer, agir, ne pas agir, etc. Dans la plupart des cas, elles consistent en un appel implicite ou explicite. Certains de ces appels mettent l'accent sur une manière particulière de voir les choses ou de leur donner un sens. Par exemple, quelqu'un pourrait tenter de nous persuader de poursuivre une activité malavisée, sous prétexte que s'arrêter rendrait tous nos efforts et sacrifices passés inutiles. Si nous savons nous rappeler à temps (en faisant preuve de pleine conscience) le « sophisme du coût irrécupérable », nous nous souviendrons que des pertes inutiles subies dans le passé ne justifient pas que nous nous engagions à en subir d'autres, tout aussi inutiles, à l'avenir. De nombreux appels s'appuient également sur des préjugés ...

Quelques vers du Tuvaṭaka Sutta

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C’est dans le Sutta Nipāta que l’on trouve certains des vers les plus beaux et les plus profonds des discours du Bouddha. Dans le Tuvaṭaka Sutta, un jeune ascète s’interroge sur le but suprême de la vie d’un moine et sur la manière juste de mener la vie monastique. J’aimerais partager avec vous quelques vers tirés de la réponse du Bouddha. « Que celui qui possède la sagesse coupe court à (l’orgueil) « je suis », racine de toute prolifération. Quels que soient les désirs qui se trouvent en lui, en restant toujours attentif, qu’il s’entraîne à les maîtriser. » « On ne doit pas laisser ce qui est connu, intérieurement ou extérieurement, donner lieu à de la rigidité, car cela n’est pas appelé (véritable) extinction par les sages. » « On ne doit pas, en raison de sa connaissance, se considérer comme supérieur ou inférieur à autrui, ni comme son égal. » « On doit atteindre la paix intérieure, et non la rechercher à travers les autres. » « Pour celui qui est en paix avec lui-même, il n’y...

La méditation en marche

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La méditation en marche a toujours occupé une place importante dans la Tradition de la Forêt Thaïlandaise. Luang Phu Khaa, l'un des principaux disciples du fondateur, Luang Phu Man, en fut peut-être le plus grand représentant. Il avait pour habitude de marcher six heures par jour - trois séances de deux heures chacune - en plus de la tournée d'aumônes au village voisin et d'une séance quotidienne de balayage des feuilles. Les avantages de la méditation en marche sont nombreux, à commencer par les bienfaits évidents pour la santé physique du méditant. Mais sa valeur essentielle réside dans l'opportunité qu'elle offre de développer la pleine conscience dans le mouvement. Ce faisant, elle vient compléter la pleine conscience dans l'immobilité cultivée par la méditation assise. Alterner des périodes de méditation assise et de méditation en marche permet au méditant de pratiquer pendant de nombreuses heures par jour sans tension. La marche peut également constituer ...

Aujourd’hui : Trois réflexions

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Le juge intérieur, le critique intérieur, l’évaluateur intérieur ne sont rien d’autre que des voix dans notre tête. Elles semblent faire autorité, mais c’est parce que nous leur accordons ce pouvoir. Nous sommes comme l’enfant qui projette la silhouette d’un tigre sur le mur de sa chambre et qui en a peur. Certaines personnes se vantent d’être des observateurs lucides de la nature humaine, difficiles à duper. Mais ce qu’elles entendent par « difficiles » ou par « impossibles à tromper » ne résiste guère à une analyse approfondie. Cela revient généralement à adopter les interprétations les plus négatives des personnes et des situations, comme mode de fonctionnement par défaut. Considérer qu’une attitude cynique est une attitude réaliste est un signe révélateur d’une personne qui n’a pas conscience du fonctionnement de l’esprit, ni même du monde qui l’entoure. Le meilleur repos pour l’esprit consiste à sortir du monde du « quelqu’un » dans lequel nous vivons tous au quotidien et à faire ...

Faut-il abandonner tout désir ?

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La méditation commence par le désir (chanda) de méditer. Ce désir n’est pas un problème. Au contraire, il doit être cultivé, car il fait partie du chemin. Chanda est le premier des quatre iddhipādas (bases du succès). Le Juste Effort repose sur ce type de désir. En effet, le Bouddha a dit que chanda est la racine de toute cultivation bénéfique. Le défi consiste donc non pas à abandonner tout désir, mais uniquement celui qui jaillit de l’ignorance et des souillures (taṇhā). Le désir issu de l’ignorance cherche à obtenir, à jouir, à expérimenter, à se débarrasser, à être, à devenir. Le désir intelligent cherche à faire le bien, à créer les causes et les conditions de la libération. La différence entre ces deux types de désir n’est pas simplement sémantique ou philosophique. Elle repose sur le contraste vérifiable des effets qu’ils produisent sur l’esprit et peut être directement expérimentée par celui qui pratique le Dhamma. En Occident, tant les spécialistes que les détracteurs du bou...

Une leçon sans discours

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Lorsque je suis arrivé en Thaïlande, je ne parlais pas un mot de thaï. Il était difficile d’apprendre la langue au monastère, car la plupart de mes compagnons moines et novices parlaient le dialecte de l'Isan (qui est essentiellement du lao). Je me suis donc efforcé d’apprendre ce dialecte et j’ai rapidement progressé. Un jour, je faisais partie des assistants assis aux côtés d’Ajahn Chah lorsqu’un car rempli de visiteurs arriva pour lui rendre hommage. Pendant une pause dans la conversation, Ajahn Chah me désigna du doigt et dit : « Ce novice-là ? Ce n’est pas un Occidental, c’est un Lao. » (À l’époque, les habitants de l’Isan se désignaient souvent ainsi.) Les laïcs me regardèrent avec fascination. Je me sentis aussi fier que si Ajahn Chah m’avait épinglé une médaille sur la poitrine. Il me demanda : « Maen bor ? » Ce qui signifie : « C’est bien ça ? » Je répondis : « Doy khanoi », ce qui se traduit par : « Oui, monsieur. » Ajahn Chah sourit à ses invités et dit : « Vous voyez ...

Les souhaits ne suffisent pas

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Bien sûr, croire fermement en sa capacité à atteindre un objectif offre certains avantages psychologiques. Mais cela n'atteindra pas l'objectif à votre place. Ce genre de pensée magique, qui prétend que cela se produira grâce à une loi mystique de la nature, réapparaît tout au long de l’histoire sous diverses formes. En Occident, le XIXe siècle a vu la « loi de l’attraction » largement popularisée, étayée par des références à des forces et à des vibrations. De nos jours, on parle d’affirmations, de visualisations, de pensée positive, de “manifestation”, etc. On fait désormais référence à des énergies et à des fréquences, voire à la physique quantique. Il y a 2 500 ans, le Bouddha enseignait qu’un moine s’attarde ou non sur la pensée : « Oh, que mon esprit puisse être libéré des souillures par le non-attachement ! », sa réalisation ne dépendra pas de cela, mais du fait qu’il aura ou non cultivé les trente-sept qualités propices à l'Éveil : les quatre fondements de l’attent...

Trouve ton calme et n'en bouge pas

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Un jour, alors que j’étais moine depuis une vingtaine d’années, une personne laïque qui possédait un don hors du commun me demanda si c’était vrai que, lorsque j’étais laïc, j’avais vécu quelque temps dans une grotte de l’Himalaya. Je lui répondis que c’était vrai, dans la vallée de la Sutlej, au nord de Simla, mais que cela n’avait duré que quelques jours. Cette personne me décrivit la grotte en détail et me demanda si cette description était exacte. J’acquiesçai. Elle me demanda alors : « Pourquoi cette grotte ? » Je répondis : « Par hasard. » Elle sourit et me dit que, dans un passé lointain, j’avais été un rishi qui était mort dans cette grotte, et que des ossements reposaient encore sous le sol. Je répondis que c’était intéressant car, alors que j’y séjournais dans cette vie, j’avais failli mourir une seconde fois. Voici comment cela se passa. La grotte était dédiée à une divinité hindoue, et un prêtre brahmane d’un village voisin avait monté la population locale contre moi. Un ...

La récitation du Dhamma fait partie de la pratique

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Velukaṇṭakī (également connue sous le nom de Nandamatā) était une disciple laïque du Bouddha. Velukaṇṭakī atteignit le troisième des quatre stades de l’Éveil et était réputée pour ses prouesses en matière de méditation et son équanimité inébranlable. Un détail intéressant de sa pratique quotidienne, révélé dans l’ Anguttara Nikāya , est que tôt le matin, avant l’aube, elle récitait le Parāyana (un recueil de suttas qui constitue aujourd’hui le dernier chapitre du Sutta Nipāta ). De nos jours, de nombreux pratiquants bouddhistes limitent leur pratique formelle à la méditation assise et à la méditation en marchant, mais Velukaṇṭakī nous rappelle que la mémorisation du Dhamma et sa récitation ont joué un rôle dans la vie même des méditants les plus accomplis depuis l’époque du Bouddha. En fait, le Bouddha recommandait qu’au même titre que Khujjuttarā, Velukaṇṭakī soit considérée comme un modèle pour ses disciples laïques féminines. Pour conclure, voici un extrait du Parāyana : Ce qui a...

Les dix pāramīs : un guide pour la pratique

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Les dix pāramīs sont les vertus qui contribuent à la maturité spirituelle. Leur développement nous permet de tirer pleinement profit de la pratique des techniques de méditation. Elles fournissent une bonne liste de référence pour les pratiquants du Dhamma qui souhaitent disposer d’un moyen d’évaluer leurs progrès. En examinant dans quelle mesure chaque vertu est présente en nous, nous pouvons éprouver à la fois une joie stimulante et prendre conscience des domaines dans lesquels nous devons encore travailler. Les dix pāramīs sont les suivantes : Dāna : donner, partager, aider les autres, purifier l’esprit de l’égoïsme et de la possessivité. Sīla : nous entraîner à agir et à parler de manière à ne pas nuire à nous-mêmes ni aux autres, physiquement ou mentalement. Nekkhamma : se retirer régulièrement du monde des sens, afin d’accéder à un bonheur indépendant des sens. Paññā : penser et réfléchir de manière à réduire les qualités malsaines de notre esprit, à accroître les qualités saines...

Plus on cède aux désirs sensuels, plus ils s’intensifient

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Dans l’un des premiers épisodes d’Evam, cette série télévisée très attendue qui se déroule à l’époque du Bouddha, l’antagoniste, Mohan, se montre dédaigneux. Il assure à son groupe de jeunes marchands que les moines bouddhistes qu’ils voient aux alentours de Savatthi peuvent sembler très inspirants, mais qu’en réalité, ils ne font que mettre en scène une piété factice en public pour attirer des sympathisants et des dons. Il parie une pièce d’or qu’il parviendra à persuader le moine qui marche vers eux (Vira, le héros d’ Evam ) de quitter la vie monastique dans les trois jours. Mohan connaît Vira depuis plusieurs années et ne tarde pas à engager la conversation avec lui. Il parle avec éloquence du caractère contre-nature de la vie de célibat, de tous les plaisirs dont Vira se prive. Mais Vira n’est plus aussi intimidé par Mohan qu’autrefois. À un moment donné, il fait un signe de tête en direction de Mohan, qui se gratte distraitement une piqûre de moustique : « Écoute, mes maîtres dise...

La bonté naturelle

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Alors que je voyageais de nouveau en Inde la semaine dernière, je me suis replongé dans l’un de mes livres préférés, The Compassionate Life de Marc Ian Barasch. Dans le chapitre consacré à l’altruisme, Barasch fait référence à la sociologue Kristen Renwick Monroe et explique comment son étude sur les personnes ayant aidé des Juifs à échapper aux nazis réfutait l’idée selon laquelle tout altruisme serait en réalité de l’égoïsme déguisé, visant en fin de compte à renforcer le patrimoine génétique. Les personnes courageuses qu’elle a interrogées ont apporté ce que Monroe a qualifié de « réfutation spectaculaire de “l’hypothèse de la sélection par la parenté" ». Elle expliquait : « Chaque personne qui avait porté secours savait qu’elle mettait les membres de sa famille en danger en tentant d’aider des Juifs. En vertu de la politique nazie qui étendait les représailles sur toute la famille, leurs proches, y compris les plus jeunes enfants, risquaient d’être tués à cause de leurs acte...

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