La Vue Juste de l’impermanence
Un jour, un homme venu rendre hommage à Ajahn Chah se plaignit d’être rongé par la colère et de ne pas savoir comment la gérer. Il demanda à Ajahn Chah de l’aider. Ajahn Chah lui dit : « Montre-moi ta colère. » L'homme eut l'air perplexe : « Je ne me sens pas en colère en ce moment, Luang Por. » Ajahn Chah lui répondit que si la colère était vraiment en lui, et si elle lui appartenait vraiment, il devrait pouvoir la faire surgir à volonté. Le fait qu’il n’y parvienne pas montrait qu’il ne s’agissait pas d’un aspect intrinsèque de sa personnalité, mais d’un phénomène conditionné. Lorsque les conditions étaient réunies, elle apparaissait ; lorsqu’elles ne l’étaient pas, elle ne se manifestait pas.
Une grande partie de la sagesse bouddhiste est liée à la compréhension de la conditionnalité. Se pencher à nouveau sur la nature impermanente et impersonnelle de tous les phénomènes qui constituent notre vie est le chemin vers la libération.
Mais observer l’apparition et la dissolution des états mentaux ne mène pas nécessairement à la sagesse. La Vue Juste est essentielle. Sans elle, même les intuitions issues de la méditation risquent d’être intégrées dans des philosophies fondées sur le concept du soi. ¸

