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Affichage des articles du mai, 2026

La récollection de la générosité

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Dans les suttas, les enseignements du Bouddha sur cāgānussati (la récollection de la générosité) ne consistent pas tant à se souvenir de certains actes de générosité qu' à contempler la vertu de la générosité en elle-même. Dans le sutta AN 6.10, le Bouddha dit à Mahānāma : « Les nobles disciples se souviennent ainsi de leur générosité : quelle chance !  Quelle grande chance ! Parmi une population obsédée et entachée par l’avarice, je vis chez moi l’esprit libre de cette souillure, généreux, les mains ouvertes, trouvant la joie dans le renoncement, disposé à donner, trouvant de la joie dans le don et le partage. » Le Bouddha poursuit en disant que réfléchir à la générosité de cette manière procure un répit temporaire face aux souillures, stabilisant ainsi l’esprit et lui donnant de l’inspiration dans le Dhamma. Il affirme que la réjouissance qui naît du souvenir de la générosité s'épanouit en joie, tranquillité, félicité et samadhi. « Ainsi, un noble disciple demeure en équilibr...

L'aide à autrui

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Le Theravada adopte une approche plutôt modeste et sobre de l'aide à autrui. Alors que le vœu du bodhisattva affirme avec force : « Les êtres qui souffrent sont innombrables ; je fais le vœu de tous les sauver », les theravadins sont plus réservés. Ils disent : « Les êtres qui souffrent sont innombrables ; je m'efforcerai de contribuer à réduire la souffrance partout où je le pourrai, du mieux que je le pourrai. » Ces deux approches admettent le défi auquel font face tous ceux qui désirent faire le bien dans le monde : comment persévérer quand, en regardant l'ensemble, rien de ce que l'on fait ne paraît avoir beaucoup d’effets ? L'approche du Theravada repose sur l'acceptation du fait que, bien que nous comprenions qu'il existe d'innombrables êtres qui migrent à travers des royaumes d'existence sans commencement, la seule chose que nous puissions connaître par expérience directe est ce qui se passe ici, dans ce corps et cet esprit, à l'instant pr...

Maîtriser la pensée

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  La pensée vagabonde, penser pour le plaisir de penser, uddhacca, est une habitude qui devient facilement une addiction. Pour la plupart des gens, c'est le mode de conscience par défaut. Le problème ne réside pas nécessairement dans le contenu de ces pensées, mais plutôt dans le fait qu'elles nous coupent l'accès aux dimensions plus profondes de l'esprit. Elles nous maintiennent à la surface de la vie. Mais il serait peu sage de considérer la pensée comme un ennemi. On n'a pas à lutter pour la surmonter. La première étape vers la libération de ce bavardage mental, cette musique d'ambiance du cerveau, c'est de trouver le moyen de s'en lasser. Par exemple, si l'esprit vagabonde pendant la méditation, n'essayez pas de l'arrêter. Insérez plutôt un espace entre chaque mot de la phrase qui tourne dans votre tête. Laissez-vous penser au ralenti.Vous éprouverez vite un sentiment d’ennui et de lassitude face à ce fil de pensées. Vous pourrez alors re...

Être véritablement libre

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  En général, les gens conçoivent la liberté comme la possibilité de vivre certaines expériences : pouvoir obtenir ce qu'ils veulent, éviter ce qu'ils ne veulent pas, faire ce qu'ils ont envie de faire, ne pas avoir à faire ce qu'ils ne veulent pas faire, aller où ils veulent et ne pas devoir aller là où ils ne veulent pas aller. Et ainsi de suite. Pour quelqu'un qui conçoit la liberté en termes de consommation et d'expériences, l'argent revêt une importance capitale. Un homme riche m'a un jour expliqué que l'argent lui donnait l'impression d'être un super-héros. C’était son super pouvoir, lui permettant d'avoir de belles choses et du statut. Il a admis que son argent lui donnait un sentiment de supériorité par rapport à ceux qui n'en avaient pas. Mais, en fin de compte, les libertés matérielles sont futiles. On pourrait les comparer aux luxes offerts dans une suite de première classe sur le Titanic ou à la cellule d'un parrain de...

L’évaluateur intérieur n’est pas toujours fiable

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  Il n’est pas facile de s’évaluer soi-même et d’évaluer sa pratique avec justesse, sans se surestimer ni se sous-estimer. L’évaluateur intérieur n’est qu’une autre voix dans notre tête et elle n’est pas particulièrement fiable. Les méditants accordent souvent trop d’importance aux moments « waouh » et trop peu aux progrès graduels. Un exemple de personne capable de s’évaluer avec justesse est le laïc anāgāmi, Ugga de Vesali. Après que le Bouddha l’eut loué devant le Sangha pour ses huit qualités étonnantes et merveilleuses, un moine demanda à Ugga de les exposer en détail. Le fait qu’il ait pu le faire d’une manière remarquablement mesurée et objective pourrait sans doute être considéré comme une neuvième qualité étonnante et merveilleuse. Ce passage est tiré de AN 8.21. Je ne citerai ici qu’une seule de ses qualités, choisie parce qu’elle illustre l’attention qu’Ugga portait à ce qui était absent, quelque chose qui nous échappe souvent. « Il n’est pas rare que des divinités vienn...

La libération est l’essence de l'entraînement

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  Aujourd’hui, je suis assis dans une pièce qui donne sur la mer. Mes pensées se tournent vers les paroles du Bouddha dans l’Anguttara Nikāya : « Tout comme le grand océan s’incline, s’abaisse et plonge progressivement, sans chute abrupte, de même, dans ce Dhamma et cette discipline, la pénétration de la connaissance ultime s’opère par un entraînement progressif, une activité progressive, une pratique progressive, et non de manière soudaine. » (A.N.8.19) Dans ce passage, le Bouddha ne rejette pas la notion d’un éveil soudain, mais il affirme qu’elle est toujours l’aboutissement d’une pratique approfondie et complète du Noble Octuple Sentier. « Tout comme le grand océan n’a qu’un seul goût, celui du sel, de même, ce Dhamma et cette discipline n’ont qu’un seul goût, celui de la libération. » (A.N.8.19) La libération n’est pas simplement l’aboutissement de l’entraînement, mais son essence même. La mesure dans laquelle une pratique nous libère constitue un bon indicateur de sa justesse...

Les enseignements du Bouddha forment un tout

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Ici, en Thaïlande, nous approchons de la fin des grandes vacances scolaires. Durant cette période, de nombreux monastères offrent des programmes d’ordination temporaire de novices d’une durée d’un mois. C'est également à cette période qu'est diffusée une émission de téléréalité assez inhabituelle. Les téléspectateurs y suivent l'expérience de douze jeunes garçons qui participent à une ordination temporaire. Ce programme se déroule dans un centre de retraite proche de mon ermitage et est organisé par des moines invités de divers monastères. Au cours du mois qu'ils passent là-bas, je vais généralement discuter avec les novices pendant une heure environ. J'y suis allé hier. Cette année, les garçons ont entre 7 et 11 ans, et leur capacité de concentration n’est pas très grande, mais j’ai apprécié ce moment. À la fin, trois des plus jeunes novices, particulièrement enthousiastes, s’approchèrent de moi. « Puissiez-vous vivre cent ans ! » dit l’un d’eux. Un autre s’exclama...

La Vue Juste de l’impermanence

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  Un jour, un homme venu rendre hommage à Ajahn Chah se plaignit d’être rongé par la colère et de ne pas savoir comment la gérer. Il demanda à Ajahn Chah de l’aider. Ajahn Chah lui dit : « Montre-moi ta colère. » L'homme eut l'air perplexe : « Je ne me sens pas en colère en ce moment, Luang Por. » Ajahn Chah lui répondit que si la colère était vraiment en lui, et si elle lui appartenait vraiment, il devrait pouvoir la faire surgir à volonté. Le fait qu’il n’y parvienne pas montrait qu’il ne s’agissait pas d’un aspect intrinsèque de sa personnalité, mais d’un phénomène conditionné. Lorsque les conditions étaient réunies, elle apparaissait ; lorsqu’elles ne l’étaient pas, elle ne se manifestait pas. Une grande partie de la sagesse bouddhiste est liée à la compréhension de la conditionnalité. Se pencher à nouveau sur la nature impermanente et impersonnelle de tous les phénomènes qui constituent notre vie est le chemin vers la libération. Mais observer l’apparition et la dissolutio...

De condition en condition

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 « Tout comme, moines, lorsque la pluie tombe abondamment sur le sommet d’une montagne, l’eau ruisselle le long des pentes et remplit les crevasses, les ravins et les ruisseaux ; une fois ceux-ci remplis, ils remplissent les mares ; une fois celles-ci remplies, elles remplissent les étangs ; une fois ceux-ci remplis, ils remplissent les cours d’eau ; une fois ceux-ci remplis, ils remplissent les rivières, et une fois les rivières remplies, elles remplissent le grand océan — de la même manière, moines, la naissance est la condition qui soutient la souffrance, la souffrance est la condition qui soutient la confiance, et la confiance est la condition qui soutient la joie. La joie est la condition qui soutient la tranquillité, la tranquillité est la condition qui soutient le bonheur. Le bonheur est la condition qui soutient le samādhi, le samādhi est la condition qui soutient la connaissance et la vision des choses telles qu’elles sont réellement, et la connaissance et la vision des ch...

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