L’évaluateur intérieur n’est pas toujours fiable
Il n’est pas facile de s’évaluer soi-même et d’évaluer sa pratique avec justesse, sans se surestimer ni se sous-estimer. L’évaluateur intérieur n’est qu’une autre voix dans notre tête et elle n’est pas particulièrement fiable. Les méditants accordent souvent trop d’importance aux moments « waouh » et trop peu aux progrès graduels.
Un exemple de personne capable de s’évaluer avec justesse est le laïc anāgāmi, Ugga de Vesali. Après que le Bouddha l’eut loué devant le Sangha pour ses huit qualités étonnantes et merveilleuses, un moine demanda à Ugga de les exposer en détail. Le fait qu’il ait pu le faire d’une manière remarquablement mesurée et objective pourrait sans doute être considéré comme une neuvième qualité étonnante et merveilleuse.
Ce passage est tiré de AN 8.21. Je ne citerai ici qu’une seule de ses qualités, choisie parce qu’elle illustre l’attention qu’Ugga portait à ce qui était absent, quelque chose qui nous échappe souvent.
« Il n’est pas rare que des divinités viennent me dire : ‘Laïc, le Dhamma est bien exposé par le Bienheureux.’ Je réponds alors à ces divinités : ‘Que vous le disiez ou non, le Dhamma est bien exposé par le Bienheureux.’ Pourtant, je ne me souviens pas avoir éprouvé la moindre exaltation mentale parce que des divinités viennent me voir ou parce que je converse avec elles. »

