Les enseignements du Bouddha forment un tout
Ici, en Thaïlande, nous approchons de la fin des grandes vacances scolaires. Durant cette période, de nombreux monastères offrent des programmes d’ordination temporaire de novices d’une durée d’un mois. C'est également à cette période qu'est diffusée une émission de téléréalité assez inhabituelle. Les téléspectateurs y suivent l'expérience de douze jeunes garçons qui participent à une ordination temporaire. Ce programme se déroule dans un centre de retraite proche de mon ermitage et est organisé par des moines invités de divers monastères. Au cours du mois qu'ils passent là-bas, je vais généralement discuter avec les novices pendant une heure environ. J'y suis allé hier.
Cette année, les garçons ont entre 7 et 11 ans, et leur capacité de concentration n’est pas très grande, mais j’ai apprécié ce moment. À la fin, trois des plus jeunes novices, particulièrement enthousiastes, s’approchèrent de moi. « Puissiez-vous vivre cent ans ! » dit l’un d’eux. Un autre s’exclama : « Mille ans ! » et le troisième : « Dix mille ans ! » J’aurais pu répondre « Une bénédiction ou une malédiction ? », mais je ne le fis pas.
Au cours de la discussion en groupe, l’un des garçons les plus âgés me demanda quel enseignement du Dhamma je considérais comme étant le plus important. Je répondis : « Aucun », et j’expliquai que les enseignements du Bouddha constituent un système holistique, ce qui signifie qu’on ne peut pas pratiquer un seul enseignement sans le déformer. Le novice semblait frustré que je n’aie pas répondu à sa question comme il l’espérait. Il réessaya : « Mais si vous ne deviez nous donner qu’un seul enseignement aujourd’hui, quel serait-il ? » Je répondis : « Les enseignements du Bouddha doivent être considérés dans leur ensemble. On ne peut pas pratiquer un seul enseignement sans le déformer. »

