Le tapas suprême


À l’époque du Bouddha, le mot « tapas » (chaleur, ferveur) désignait les austérités spirituelles pratiquées soit pour stimuler le feu intérieur, soit, dans le cas des jaïns, pour brûler l’ancien kamma. Le Bouddha donna à tapas un sens et un but nouveaux : l’incinération des souillures mentales. Lors de la première pleine lune de Māgha après son éveil, il enseigna un verset fondamental, l’Ovāda Pātimokkha, à un groupe de 1 250 arahants, dont beaucoup étaient d’anciens adorateurs du feu. Il y déclara que khanti (patience, endurance) est le tapas suprême.

La patience incinère les souillures parce qu’elle s’oppose au penchant naturel de l’esprit vers la colère, le ressentiment et l’abattement face à ce qui est désagréable. Sans elle, l’esprit est facilement détourné par les souillures, et ses qualités salutaires demeurent fragiles et immatures. Khanti nous permet de supporter les phénomènes désagréables sans agitation, qu’il s’agisse de douleur physique, d’inconfort, des paroles dures d’autrui ou de nos propres élans intérieurs vers des actions imprudentes. Nous n'aggravons pas les situations difficiles.

Dans nos efforts pour cultiver khanti, nous sommes guidés par la compréhension que l’esprit est vaste, assez vaste pour inclure ce qui est désagréable. Nous le maintenons large et spacieux. Nous ne laissons pas l’esprit se contracter à la mesure de la douleur.

Ajahn Jayasāro
03/03/26