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La base commune des enseignements

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Le vénérable maître Hsuan Hua fut une figure majeure de la propagation du Bouddha Dhamma aux États-Unis. Il appréciait profondément la lignée monastique d’Ajahn Chah et il fit don d'un terrain dans la Redwood Valley en Californie du Nord, sur lequel fut établi le monastère bouddhiste Abhayagiri, une antenne de Wat Pah Pong. Dans un discours donné à Ajahn Sumedho et la Sangha du monastère bouddhiste Amaravati en Angleterre, il résuma son point de vue quant aux différentes traditions : “ Dans le bouddhisme, nous devrions unir les traditions du sud et du nord. À partir d’aujourd’hui, nous ne parlerons plus de Mahāyāna ou de Theravāda. Le Mahāyāna est ‘La Tradition du Nord’ et le Theravāda ‘La Tradition du Sud’ […] Ceux qui appartiennent à la Tradition du Nord ou à la Tradition du Sud sont disciples du Bouddha, nous sommes les descendants du Bouddha. En tant que tels, nous devrions faire ce que les bouddhistes ont à faire. […] Que ce soit la Tradition du Sud ou la Tradition du Nord, to...

Une profonde confiance dans la grande sagesse du Bouddha

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  De nombreux enseignements du Bouddha peuvent être mis à l'épreuve de l'expérience assez facilement. Il ne faut pas longtemps pour déterminer par nous-mêmes si le respect des cinq préceptes augmente vraiment le niveau de sécurité et de confiance dans notre famille et notre communauté, et s'il contribue au respect de soi et à l'absence de culpabilité et de remords. Nous pouvons observer sans difficulté toutes les façons dont le fait de donner sans désir de récompense apporte de la joie dans nos vies. Nous pouvons voir clairement comment la pratique de la pleine conscience améliore la qualité de notre esprit et de nos relations. Mais il existe de nombreux enseignements que nous sommes, à ce jour, incapables de prouver ou de réfuter. Les enseignements sur la renaissance et les autres sphères d'existence en sont des exemples évidents. Dans de tels cas, comment devons-nous considérer ces enseignements ? Je suggère que nous le fassions avec une profonde confiance dans la...

L'ennui et la monotonie

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  Pour la plupart des gens, ce qui est simple est ennuyeux et ce qui est répétitif est synonyme de monotonie.  Mais pour les méditants, la simplicité et la répétition sont des aides précieuses pour suivre les mouvements de l’esprit. La simplicité et la répétition sont deux des grands piliers de la vie monastique. Quand les moments de méditation sont obligatoires et sont toujours à la même heure chaque jour, les moines ont la possibilité d’observer comment leur attitude envers la méditation fluctue entre l’enthousiasme, l’indifférence, voire même la résistance. Comme ils ne peuvent pas agir selon leurs humeurs, cela leur permet de reconnaitre que ce sont des phénomènes conditionnés. Voir la façon dont le même événement provoque des réactions variées nourrit la sagesse. Ce n’est bien sûr pas un principe qui est réservé aux moines. Observez vos sentiments quand, par exemple, votre réveil sonne le matin, la façon dont ils changent de jour en jour, et pourquoi. Un certain moine nou...

Nous pratiquons pour la libération

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  La nostalgie spirituelle est un malaise courant pour les méditants d'aujourd'hui. Les personnes atteintes de ce mal souffrent de leurs difficultés à reproduire une puissante expérience de samādi survenue au début de leur pratique. Elles parlent avec ravissement de la percée inoubliable qu'elles ont faite dans leur méditation et, avec des yeux tristes, admettent leur frustration à ne pas pouvoir en faire à nouveau l'expérience. Peut-être qu'un jour, concluent-elles avec nostalgie, cela se reproduira. Elles vivent dans l'espoir. En fait, c'est précisément cet espoir, cette attente et ce désir qui les empêchent d'avancer. Le but de la méditation bouddhiste n'est pas d'atteindre un état d'esprit profond particulier et de le rendre permanent. Une telle motivation reviendrait à aspirer à une renaissance céleste. Nous pratiquons pour la libération. Nous développons samādi afin de donner à l'esprit la stabilité et la clarté nécessaires pour voi...

L'expérience directe du changement conduit à la libération

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Alors que la plupart des religions se concentrent sur la relation correcte entre les êtres humains et leur conception du divin, le Bouddhisme se concentre sur la relation correcte entre les êtres humains et le changement. En particulier, on nous enseigne à observer et à examiner le changement tel qu'il se manifeste dans notre corps et notre esprit. L'hypothèse de travail que nous avons reçue du Bouddha est que le changement n'est ni imposé par le divin ni aléatoire. Il se produit en accord avec des causes et des conditions. Le comprendre comme expérience directe conduit à la libération.  L'étude de la nature conditionnée du corps, des sentiments, des perceptions, de la mémoire, de la pensée et de l'imagination, ainsi que de la conscience des sens, est donc au cœur de la culture de la sagesse. Ce n'est pas seulement que nous soyons sujets au changement, mais que nous sommes le changement. Il n’y a pas de propriétaire permanent ou indépendant de l'expérience. ...

Même la plus petite bonne action enrichit le trésor de bonté dans notre cœur

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  Généralement nous pensons qu'il est juste d'être félicité lorsque nous faisons de bonnes choses et critiqué lorsque nous en faisons de mauvaises. Si nous ne recevons pas d'éloges lorsque nous faisons quelque chose de bien, nous pouvons facilement nous sentir peu appréciés. Si nous sommes critiqués alors que nous n'avons rien fait de mal, nous pouvons nous sentir blessés. Nous avons des attentes quant à la façon dont les choses devraient être, et nous souffrons en conséquence. Le Bouddha nous a appris à lâcher prise de nos attentes. Lui-même, bien que d'une pureté absolue, a été un jour accusé par une femme de l'avoir mise enceinte. D'autres disciples éveillés ont été accusés d'être avides, violents ou jaloux. Au fil des siècles, combien de bonnes actions ont été ignorées ou dénigrées ? Combien de mauvaises actions ont été louées et récompensées ? Beaucoup trop pour être comptées. Dans ce monde plein de souillures, il y a peu de justice à court terme. L...

Les ‘droits du bhikkhu’

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Les communautés et les sociétés ont tendance à se fonder principalement sur des idées de devoir et de responsabilité ou sur le concept des droits de l'homme. Des deux, le concept des droits de l'homme offre probablement une meilleure protection contre les abus et la corruption. Mais il a ses propres faiblesses. Les définitions des droits et leur hiérarchisation peuvent être controversées. Le fait de voir le monde exclusivement sous l'angle de ‘mes droits’ semble avoir joué un rôle dans le développement du narcissisme et du sentiment d'être dans son bon droit dans le monde actuel. L'ordre monastique bouddhiste offre un exemple de société fondée sur des principes de devoirs et de responsabilités. Les freins et contrepoids sont définis par le Vinaya. Néanmoins, il reconnaît aussi quelque chose qui ressemble à des ‘droits du bhikkhu’. Lors de la cérémonie d'ordination, le précepteur est tenu d'informer le nouveau moine de ses quatre droits matériels fondamentaux...

Transcender la dualité entre le silence et le bruit intérieurs

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Sur le chemin de la sagesse, nous ne considérons pas le bruit intérieur de la mémoire et de l'imagination comme un ennemi. Notre pratique consiste à connaître le bruit comme le bruit et le silence comme le silence. L'engagement porte sur la compréhension profonde. Celle-ci fournit une continuité qui transcende la dualité entre le silence et le bruit. Pour l'esprit qui se consacre à la compréhension profonde, le bruit intérieur disparaît naturellement et le silence intérieur se manifeste spontanément. Si l'esprit enregistre du bruit, il est ressenti comme non pertinent et éloigné ; il ne nuit pas au silence. Le silence de la compréhension profonde porte en lui la graine de la vision pénétrante des trois caractéristiques de l'existence et de la libération de tout attachement. Ajahn Jayasāro 03/01/2023

Bonne Année

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  Que la pleine conscience, la patience, la bienveillance et la sagesse vous guident et vous protègent tous dans l'année à venir !  Ajahn Jayasāro 31/12/22.

Les grands praticiens du Dhamma

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  Imaginez un monde dans lequel tout le monde chante faux. Puis un jour, vous entendez quelqu'un qui a une oreille absolue et un timbre de voix parfait. Vous savez d’une certaine manière, que c'est ainsi que le chant est censé être interprété. Mais comment pourriez-vous le décrire aux habitants d’un monde sans tonalité ? Imaginez un monde dans lequel toutes les fleurs sont artificielles. Un jour, vous voyez une vraie fleur. Vous saurez d’une certaine manière que c'est ainsi qu'une fleur doit être. Mais comment pourriez-vous la décrire aux habitants d'un monde artificiel ? Au fil des ans, je me suis efforcé d'expliquer mes impressions sur Ajahn Chah. Voici les deux analogies que j'ai utilisées. Une autre est de le voir comme un grand seigneur marchant avec confiance et assurance sur ses terres ancestrales. Ici, par 'terres', je fais référence au paysage toujours changeant du moment présent. Nous avons une vision si limitée de nous-mêmes. Les grands pr...

L'amour de la vérité ennoblit l'esprit

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  S'abstenir de mentir ou de travestir la vérité est une pratique puissante du Dhamma. Elle requiert une attention vive et constante. Cette pratique produit sur l’esprit un effet purificateur puissant. Son pouvoir réside dans la manière dont elle expose les souillures qui sont déclenchées au cours des conversations. En décidant de prendre soin de la vérité et de la maintenir, quoi qu'il arrive, nous parvenons à reconnaître et à lâcher prise des peurs et des désirs, de l’insécurité et de l'orgueil qui se cachent derrière nos petites contre-vérités et nos demi-vérités. Mais une approche intransigeante, même vis-à-vis des "mensonges blancs", ne conduit pas à une façon de parler dure et insensible ; la détermination à respecter la vérité n'est pas le seul principe à garder à l'esprit lorsque nous parlons. Le Bouddha a enseigné que notre parole doit être bénéfique, adaptée au temps et au lieu, aimable et polie. L'amour de la vérité ennoblit l'esprit. Ex...

Comprendre l'esprit

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Dans le Satipaṭṭhāna Sutta le Bouddha donne un enseignement sur la pleine conscience de l’esprit (cittānupassanā) comme suit : ‘il comprend un esprit en proie à l’avidité comme un esprit en proie à l’avidité et un esprit sans avidité comme un esprit sans avidité. Il comprend un esprit en proie à la haine comme un esprit en proie à la haine et un esprit sans haine comme un esprit sans haine. Il comprend un esprit illusionné comme un esprit illusionné et un esprit sans illusions comme un esprit sans illusions’. Mais qu’est-ce que cela veut dire de comprendre l’esprit ? Il y a une façon toute simple d’en faire l’expérience : retenez votre souffle pendant quelques secondes. Ça, c’est l’esprit. C’est un phénomène omniprésent dans nos vies, complètement naturel et normal. Mais parce que nous ne sommes pas attentifs à sa présence, nous nous identifions perpétuellement à des états mentaux impermanents et tombons sous le joug des souillures.  Il est plus facile de prendre conscience de l’es...

Le chemin juste

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  Le Bouddha décrit chaque élément du Noble Sentier Octuple comme étant ‘Sammā’ ce qui est souvent traduit par ‘juste’. Nous retrouvons donc la Vue Juste, la Pensée Juste, la Parole Juste et ainsi de suite. Mais que veut dire le mot ‘juste’ dans ce cas ?  Il faut le comprendre dans le contexte du but des enseignements bouddhistes : la réalisation du Nibbāna. La Vue Juste par exemple, se réfère aux attitudes qui doivent être adoptées pour atteindre Nibbāna. Les Vues Fausses sont celles que l’on doit abandonner pour y arriver. La Pensée Juste est la pensée qu’il faut cultiver pour réaliser Nibbāna, les Pensées Fausses sont celles qu’il faut abandonner. L’Action Juste se réfère aux actes qu’une personne doit accomplir si elle aspire au Nibbāna et l’Action Fausse aux actes qu’il faut abandonner. Et ainsi de suite. Il faut comprendre que le mot ‘juste’ n’est pas une proclamation que nous bouddhistes aurions raison et tous les autres auraient tort. Il sert à bien clarifier que tous ...

Comment apaiser la peur

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Je parle assez souvent avec des personnes qui ont peur des fantômes. Habituellement, je leur demande combien de fois ils ont été menacés ou maltraités par un fantôme. Dans presque tous les cas, après une certaine hésitation, ces personnes (généralement, mais pas toujours, des enfants) répondent "jamais". Je demande ensuite : "Dans votre vie jusqu'à présent, qu'est-ce qui vous a causé le plus de souffrance : les fantômes ou la peur des fantômes ?". La réponse est - comme vous pouvez le deviner - la peur des fantômes. "Alors", dis-je, "suivons les enseignements du Bouddha et examinons les deux choses les plus importantes : la souffrance et la fin de la souffrance. Le véritable problème n'est évidemment pas les esprits malveillants, mais la peur qu'ils inspirent. Voyons comment se libérer de la peur." La peur est déclenchée par un impact sensoriel. Elle est entretenue par un torrent de pensées, de souvenirs et de perceptions. Nous ne...

Le piège du sentiment d'être sûr et certain

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  Le sentiment d’avoir raison est grisant, comme une drogue qui crée une forte dépendance. La dépendance s’approfondissant, l’attachement aux vues et aux opinions s’intensifie. Admettre que l’on a tort devient alors presque impossible, même pour des petites choses. Lorsqu’on s’agrippe si fort à des vues et opinions qu’elles deviennent une partie intégrante de notre identité, les protéger devient une question de vie ou de mort. Des avis contraires sont interprétés comme des contestations personnelles, des insultes ou une déloyauté exaspérante.  Le Bouddha est le seul parmi les grands maîtres religieux à avoir enseigné les dangers de l’identification aux vues et opinions. Il les décrivait comme ‘un bosquet, un paysage désolé' .  L’abandon de cette relation imprudente avec les vues et opinions commence par reconnaître le niveau de souffrance qu’elle entraîne avec elle et comment elle empêche l’esprit de manifester une quelconque paix et une sagesse véritable. Il est importan...

L'imagination peut être un outil puissant

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Parfois, l'élan de la pensée est trop puissant pour qu'on puisse y résister. Dans ce cas, plutôt que de céder à la frustration, nous pouvons canaliser la pensée vers des voies saines. Si elle est poursuivie sans distraction, la pensée disciplinée peut amener l'esprit à une paix que l'effort d'abandonner entièrement la pensée ne permet pas d’atteindre. Par exemple, les bouddhistes laïcs peuvent s'imaginer en train de préparer un repas pour le Bouddha et un groupe de ses disciples éveillés. Imaginer en détail comment préparer les ingrédients, cuire les aliments, puis se rendre dans une forêt, une grotte ou au flanc d'une montagne pour offrir la nourriture dans les mains du Bouddha, peut susciter des sentiments de joie si puissants que l'agitation mentale disparaît complètement. Ce type de méditation peut permettre l’utilisation de la créativité de l'esprit que de nombreux méditants croient devoir abandonner s'ils veulent suivre la voie du Dhamma. E...

Le chemin bouddhiste est un chemin d'apprentissage

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    Le chemin bouddhiste est un chemin d'apprentissage. Le progrès vers la libération ne s'obtient pas par la foi, la prière ou les cérémonies. Il s'obtient par l'apprentissage de la véritable nature du corps et de l'esprit. La difficulté de ce type d'apprentissage est que les étudiants ne partent pas d'une page blanche. Il faut d’abord procéder à désapprendre des hypothèses, points de vue et croyances erronés. La caractéristique essentielle de ce type d'apprentissage est qu'il doit finalement consister en une confrontation directe et non verbale avec "la façon dont les choses sont".  Un apprentissage aussi profond n'est possible que lorsque les étudiants sont capables d'entrer dans un état stable de pleine conscience soutenu, appelé samādhi. Le samādhi procure une conscience impartiale et digne de confiance dans laquelle l'étudiant se sent calme, fort, clair. Dans cet état, la nature changeante et sans être propriétaire de notr...

Le doute n'est pas toujours une mauvaise chose

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Le doute n'est pas toujours une mauvaise chose. Il peut être une forme d'intelligence : la reconnaissance du fait que l'on manque d'informations essentielles pour prendre une bonne décision. Dans ce cas, la présence du doute indique que vous êtes circonspect et non excessivement impulsif. Dans la méditation, cependant, le doute est presque toujours un obstacle. L'une de ses formes les plus courantes consiste à revenir sans cesse sur le même terrain. Il découle souvent du désir irréaliste d'être absolument sûr que sa technique de méditation sera efficace avant de s'y engager. De telles garanties n'existent pas et tôt ou tard, il faut faire un acte de foi. Ce n'est qu'après une période raisonnable d'efforts sincères que vous pourrez vérifier si les techniques fonctionnent ou non pour vous. Le doute peut également prendre la forme de spéculations sur les phénomènes qui se produisent pendant la méditation. 'Qu'est-ce que c'est ?  Qu...

Poêmes

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  En convalescence à la suite d’une maladie, je lis une anthologie de poèmes. Mes préférés ont été écrits au Japon il y a des centaines d’années. Certains me font revivre avec affection des moments passés dans des lieux solitaires : Hutte en montagne tranquille Près d’une rizière … puis le cri d’un daim  Tout près me fait sursauter je fais un mouvement … le faisant sursauter : nous nous étonnons mutuellement. Sayo (de la traduction en anglais de W. Lefleur) D’autres me font tout de suite sourire, “Oui ! C’est juste, mais pourquoi ? “   Les enfants imitant les cormorans Sont encore plus extraordinaires  Que les cormorans Issa (de la traduction en anglais de A. Hass) Je suis ému par la façon dont Dogen exprime ‘l’unique chose vraie’ comme : Pluie noire sur le toit du Temple Fukukasa Et je chéris ce poème par Shido Bunan :  La lune est la même vieille lune Les fleurs exactement comme avant Pourtant je suis devenu la chose-en-soi De toutes les choses que je vois. (d...

La nécessité d'un effort plus décisif

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L'effort juste est, à tout moment, cette qualité et intensité d'effort qui sont les plus propices à la réalisation de son objectif. Dans certains domaines de la pratique, l'effort peut être plus doux et détendu et dans d'autres domaines, plus direct et rigoureux. Le Bouddha a souligné la nécessité d'un effort plus décisif le plus souvent lorsqu'il a fait référence à la Pensée Erronée (Micchā Sankappa) : "De même que l'éléphant mâle royal détruit les éléphants et leurs cavaliers, les chevaux et leurs cavaliers, les chars et les cochers, et les fantassins", de même "les mendiants ne tolèrent pas les pensées sensuelles, malveillantes ou cruelles.... ils les abandonnent, s'en débarrassent, les éliminent et les oblitèrent." Il ressort clairement de ces passages que le Bouddha considérait que les pensées sensuelles, malveillantes et cruelles étaient si toxiques pour l'esprit qu'elles ne devaient pas être acceptées dans l'esprit,...

Histoires autour d'une tasse de thé

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  Lorsque les moines de la forêt partagent des histoires autour d'une tasse de thé le soir, les anecdotes de maîtres sévères sont toujours appréciées. Les histoires humoristiques sont également très appréciées. Aujourd'hui, j'aimerais partager avec vous une histoire humoristique qui met en scène un maître strict et un étudiant en difficulté. Cet étudiant est plein de foi mais s'endort chaque fois qu'il pratique la méditation assise. Le maître donne à l'étudiant divers moyens habiles pour résoudre le problème, mais aucun ne marche. Quelques minutes après avoir fermé les yeux, le haut du corps de l'étudiant bascule vers l'avant jusqu'à ce que son front touche presque le sol. Son corps revient à la verticale pendant quelques secondes, puis bascule à nouveau vers l'avant. Tout ce qu'il retire de la méditation, ce sont quelques étirements de yoga. Enfin, le maître propose à l'étudiant un remède radical. Il lui dit d'aller méditer au bord d...

La continuité dans la pratique

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  Certaines personnes prennent des antibiotiques pour traiter une infection bactérienne et arrêtent le traitement dès que les symptômes disparaissent. Si le traitement n'est pas terminé, la cause sous-jacente de la maladie n'est pas éliminée. Quelque temps plus tard, les symptômes réapparaissent. Le traitement devient alors plus difficile car les bactéries ont développé une résistance au médicament.  De nombreux bouddhistes se tournent vers le Dhamma lorsque la vie devient difficile à supporter. Ils accomplissent des actes de générosité, ils chantent et méditent. Mais dès qu'ils commencent à se sentir un peu mieux, ils abandonnent leur pratique. Les souillures mentales qui étaient à l'origine de leur souffrance n'ont pas été éliminées et ne tardent pas à provoquer une nouvelle vague de souffrance. Mais maintenant, les souillures ont développé une résistance à la pratique du Dhamma et sont encore plus difficiles à déloger. Certaines personnes sont encore plus imprude...

Les bons et les mauvais examples

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Nous avons tous besoin d'exemples, tant dans le domaine spirituel que matériel. Quelqu’un qui donne un bon exemple nous inspire, nous fait penser que le travail à faire est réalisable et nous donne des pistes à suivre pour bien avancer. Sans un bon exemple, nous pourrions facilement être rongés par le doute ou perdre notre temps sur des pratiques erronées. En suivant un bon exemple, nous devenons patients et diligents dans nos actions. De même, un mauvais exemple peut aussi nous être très bénéfique. Lorsque nous voyons quelqu’un qui parle ou se comporte mal nous devons d’abord essayer de lâcher les sentiments de peine, de colère ou de désespoir du mieux que nous le pouvons. Ensuite, nous devons nous faire la réflexion que ce type de paroles et d’actions sont tellement laids que nous ne devons jamais les laisser entrer dans nos vies. Bien que nous ne puissions pas empêcher les autres d’agir ainsi, au moins nous pouvons nous en empêcher. En fait, il se pourrait bien que dans nos effo...

Le chemin vers la paix 

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  Le chemin vers la paix  (sur l'air de Scarborough Fair) Marchez-vous sur le chemin de la paix Comme un sage, bon, attentif et judicieux ? Apprenez à voir la nécessité de lâcher L'avidité et la haine, les illusions et les mensonges.   Utilisez-vous vos sens avec soin Comme un sage, bon, attentif et judicieux ? Essayez de supporter patiemment les griffes du désir Vous devez prendre conscience de la détresse du plaisir.   Prenez-vous soin de votre richesse spirituelle Comme un sage, bon, attentif et judicieux ? Volé et trompé par chaque pensée de soi La sécurité réside dans un esprit vigilant.   Cherchez-vous à vous libérer de la souffrance Comme un sage, bon, attentif et judicieux ? Tenant fermement la clé de vos chaînes Libérez votre cœur et ouvrez vos yeux. Ajahn Jayasāro 08/11/22

Le dialogue intérieur

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Il existe un aspect souvent négligé de la culture de la pleine conscience de la parole. Il s'agit du discours intérieur avec lequel nous encadrons notre expérience et lui donnons un sens. Les mots que nous utilisons et les concepts qu'ils expriment peuvent affecter l'esprit plus fortement qu'on ne le pense. Prenez le mot " trop ". Ce mot a la fonction importante d'exprimer l'idée qu'une cause ou un état actuel des choses n'est pas en accord avec un objectif ou une norme. Par exemple, nous pouvons dire que nous conduisons trop lentement pour arriver à destination à l'heure convenue ; ou qu'une structure est trop faible pour supporter une charge estimée. Mais un mot utilisé erronément peut avoir un effet néfaste important sur notre esprit. Prenons l'une des phrases utilisées pour justifier de ne pas méditer : "Je suis trop fatigué", "Je suis trop agité", "J'ai trop faim", "J’ai trop mangé", ...

Attente

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  Une vieille histoire raconte que l'abbé d'un monastère apprend un jour qu'un jeune novice sort tard le soir pour faire la fête dans la ville locale. Cette nuit-là, l'abbé se cache derrière un arbre. Il observe le novice, habillé en laïc, monter sur un rocher et, de là, grimper par-dessus le mur du monastère. L'abbé pousse le rocher un peu plus loin et attend patiemment le retour du novice. Au petit matin, il entend le novice s'approcher. L'abbé s'accroupit à la place du rocher. Dans l'obscurité, le novice atteint le sommet du mur, se laisse tomber sur le rocher et saute à terre. Quelque chose lui semble bizarre. Il jette un coup d'œil vers le rocher et, à sa grande horreur, il voit son maître. Oh non ! Il a posé ses pieds sales sur la tête de son vénérable maître ! Catastrophe. Mais l'abbé lui dit simplement d'une voix bienveillante : "Il fait très froid ces jours-ci ; si tu sors la nuit, tu devrais mettre des vêtements plus chauds...