Faut-il abandonner tout désir ?
La différence entre ces deux types de désir n’est pas simplement sémantique ou philosophique. Elle repose sur le contraste vérifiable des effets qu’ils produisent sur l’esprit et peut être directement expérimentée par celui qui pratique le Dhamma.
En Occident, tant les spécialistes que les détracteurs du bouddhisme ont souvent négligé la distinction cruciale entre le désir salutaire et le désir malsain, entre le désir sage et le désir insensé. Cela tient sans doute au fait qu’il n’existe pas de termes distincts en anglais pour rendre cette distinction. De plus, le mot chanda, qui est en soi un terme neutre, peut parfois apparaître comme le nom d’une souillure. Kāmachanda, le désir sensuel, premier des cinq obstacles, en est un exemple bien connu. Mais lorsque l’on examine l’usage que fait le Bouddha de ce mot, on constate qu’il emploie le plus souvent « chanda » comme abréviation de « Dhamma chanda ». Quelle que soit la raison de cette incohérence, l’essentiel est que, pour créer et entretenir la bonne motivation dans la pratique du Dhamma, il est vital de savoir faire la distinction entre taṇhā et (Dhamma) chanda. Ajahn Jayasāro 25/7/26

