L’ascète corrompu

 

Dans un récit tiré des Jātakas, un homme riche et crédule décide d'enterrer tout son or dans l'ermitage d'un ascète qu'il vénère. Mais l'ascète est corrompu. Il déterre l'or et le dissimule dans un autre endroit. Le lendemain, il prend congé de son bienfaiteur, prétextant que rester trop longtemps au même endroit constitue un obstacle au non-attachement. Alors qu'il s'éloigne, l'ascète a un doute. Il s'inquiète d’être le premier suspecté lorsque le vol sera découvert.

L’ascète retourne donc chez son bienfaiteur. Il lui montre quelques brins de paille accrochés à ses cheveux et explique qu’il est venu les rendre car ils proviennent sûrement du toit de la maison. Il dit que ses préceptes lui interdisent de prendre quoi que ce soit qui ne lui ait pas été donné librement, pas même un brin de paille. Comme il l'espérait, l'homme est profondément impressionné par son honnêteté. Mais un ami du bienfaiteur se méfie immédiatement. Il convainc l’homme de vérifier que son or est toujours au même endroit. Ils découvrent effectivement que celui-ci a disparu. Ils se lancent immédiatement à la poursuite de l'ascète et le contraignent à révéler l'endroit où il a caché l'or.

Le Bouddha enseignait que certaines personnes sont attirées par les maîtres spirituels en raison de leur apparence physique, ou par le timbre de leur voix ou par leur bonne réputation. D’autres encore sont inspirées par la rigueur et l’ascétisme. Aucun de ces éléments n’est un indicateur fiable de l’intégrité. Même les pouvoirs psychiques peuvent être simulés. Le seul critère digne de confiance est de savoir si le maître s’applique véritablement à la pratique de sīla, samādhi et pañña.

Ajahn Jayasāro 
11/04/26







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