Observez le cœur. Connaissez le cœur.
Ajahn Thā (ou Luang Pu Thā), l’un des plus grands moines de la forêt du XXe siècle, naquit en 1909, à quelques kilomètres seulement du village où Ajahn Chah allait naître neuf ans plus tard. Ses débuts dans la vie monastique furent semblables à ceux d’Ajahn Chah. Il devint novice à quinze ans, puis moine pendant cinq ans. Mais alors que la frustration d’Ajahn Chah face au manque d'enseignants de méditation à Ubon l’avait poussé à partir en quête d’un maître dans le centre de la Thaïlande, Luang Pu Thā, désabusé, quitta les ordres et alla travailler dans la rizière familiale.
Le tournant de la vie de Luang Pu Thā survint lorsqu’il tomba gravement malade, une maladie qui le fit souffrir terriblement et le mena au bord de la mort. À un moment donné, sa tante (qui l’avait élevé depuis qu’il était orphelin) lui murmura à l’oreille d’un ton pressant qu’il devait continuer à réciter intérieurement le mantra « Bud-dho » et faire le vœu de devenir moine pour la vie s’il se rétablissait. Il le fit, et son esprit entra dans un état profond de samādhi. Lorsqu’il en ressortit, il avait miraculeusement recouvré la santé. Quelque temps plus tard, il devint moine pour la deuxième fois, ayant pour précepteur Ajahn Mee, un disciple d’Ajahn Man.
En 2002, lorsque je me suis installé dans l’ermitage de Janamara, Luang Pu Thā vivait dans un monastère situé à l’est de la ville voisine. La première fois que je suis allé lui rendre visite pour lui présenter mes respects, c’était un homme de 94 ans plein de vigueur. Après cette première rencontre merveilleuse, je lui rendis visite régulièrement jusqu’à son décès en 2008.
Luang Pu Thā menait une vie d’une grande simplicité. Son enseignement était tout aussi simple et direct. Il fixait ses élèves d’un regard chaleureux mais pénétrant et montrait sa poitrine.
Observez le cœur. Connaissez le cœur.
Pratiquez avec une véritable sincérité, et vous obtiendrez de véritables résultats.
AJ 8/9/26

