Aller à contre-courant
L’un des principes fondamentaux de la formation selon la Tradition de la Forêt Thaïlandaise consiste à aller à contre-courant. Cela ne fait pas nécessairement référence à des mesures héroïques ou extrêmes pour affronter nos désirs. Si cela peut parfois s’avérer utile, en général, aller à contre-courant signifie cultiver une habitude de tolérance, en sortant constamment, ne serait-ce qu’un peu, de notre zone de confort. Cela signifie que nous ne réagissons pas automatiquement face à des sentiments de stress ou de malaise. Nous supportons les choses pendant un certain temps. Nous augmentons progressivement notre capacité à fournir un effort constant, même lorsque des vagues d’anxiété, de peur et de fausse logique nous crient de nous arrêter. Et nous constatons qu’une fois que nous avons surmonté ces pensées, nous pouvons parfois continuer assez facilement pendant longtemps.
Aller à contre-courant, doucement mais fermement, avec discernement, est un moyen simple de mettre en lumière la relation entre les souillures mentales et la souffrance. Plus la résistance à la situation actuelle est forte, plus la souffrance est grande. Moins il y a de résistance, moins il y a de souffrance. Pas de résistance, pas de souffrance. Ce n’est pas un dogme à accepter, mais une proposition à mettre à l’épreuve. Le Bouddha faisait le plus grand éloge de cette démarche, qui consiste à mettre les enseignements à l’épreuve de l’expérience. Il disait qu'il s'agissait de la plus haute forme de vénération.
AJ 3/10/26

