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Comprendre Dukkha

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  À l'époque du Bouddha, on demandait souvent aux moines quel était le but de leur entraînement monastique. Une des réponses les plus fréquentes qu'ils donnaient était qu'ils pratiquaient le Dhamma afin de comprendre pleinement dukkha. À plusieurs reprises, le Bouddha a confirmé que cette réponse était correcte. C'est un point essentiel. La cessation totale de dukkha vient avec la compréhension complète de dukkha. Reconnaître que nous pratiquons dans le but de réaliser une compréhension profonde de la façon dont les choses sont, devrait guider chaque session de méditation. Si nous pratiquons dans le seul but d'échapper à certains états mentaux ou d'en obtenir d'autres, quel que soit notre succès, nous demeurons dans la voie mondaine. Sur la voie de la libération, nous devons créer et maintenir un vif intérêt dès le début de chaque méditation : en ce moment même, que se passe-t-il dans le corps et dans l’esprit ? Ajahn Jayasāro 30/11/2021

Contentement et gratitude

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  Au sens bouddhiste, le contentement est le sentiment qui vient lorsque nous savons apprécier les points positifs de quelque chose, tout en reconnaissant ses faiblesses sans tomber dans la dépression, le ressentiment ou la jalousie de ceux qui semblent avoir mieux. Nous apprécions les points positifs des choses qui nous entourent en nous arrêtant et en y réfléchissant régulièrement. Lorsque nous pratiquons cela dans le cadre de notre méditation quotidienne, nous éprouvons des sentiments de gratitude qui réchauffent le cœur. Le contentement n'exige pas, cependant, de fermer notre esprit aux problèmes et aux insuffisances. Ce n'est pas que l'on doive se contenter des choses telles qu'elles sont. Le contentement n’est pas fermer la porte aux améliorations matérielles. Par contre, il nous donne la maturité émotionnelle nécessaire pour juger dans quelle mesure l'objet désiré est vraiment utile, approprié et mérite le temps, les ressources et les efforts nécessaires pour...

Les petites choses qui nous retiennent

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Une erreur fréquente parmi les pratiquants du Dhamma est de permettre à certains attachements de se poursuivre dans leur vie sans être remis en cause parce qu’ils leur paraissent insignifiants en comparaison des attachements importants dont ils ont pu se défaire. “ J’ai déjà tellement renoncé”, se disent-ils, “assurément cette petite chose n’a pas d’importance”. Mais ce qui est rejeté comme une petite chose peut en venir à détenir un pouvoir sur le cœur qui dépasse de loin son apparence extérieure. Comme le Bouddha l'a fait remarquer un jour, même une attache faible et pourrissante peut retenir une caille piégée assez longtemps pour que le chasseur arrive. La différence entre la négligence et la vigilance est celle qui existe entre les pensées “je pourrais laisser aller ceci à tout moment quand je le veux, donc je ne vais pas le faire encore” et “ Je pourrais laisser aller ceci à tout moment quand je le veux, donc je vais le faire maintenant”. Ajahn Jayasaro 23/11/2021

Quelles sont les personnes dignes?

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De nos jours, il semble qu'il y a tellement de discorde à travers le monde sur toutes sortes de sujets importants. Souvent nous n'avons ni le temps ni les ressources nécessaires pour juger de manière fiable où se trouve réellement la vérité. Il existe cependant certains critères simples que nous pouvons appliquer pour déterminer dans quelle mesure les personnes qui tentent de nous persuader sur un sujet sont dignes de confiance. En voici trois : 1. Dans quelle mesure sont-elles absolument sûres d'avoir raison ? Comme le disait mon maître, les sages n'oublient jamais la vérité de l'incertitude. Les personnes qui sont passionnément convaincues de choses dont elles n'ont aucune expérience directe et qui sont hermétiques à tout contre-argument doivent être traitées avec prudence. Reconnaître humblement les limites et les erreurs possibles de sa propre position est un signe d'intelligence et d'intégrité. 2. Comment parlent-elles des personnes avec lesquelles ...

Les qualités vertueuses annonciatrices du Noble Octuple Sentier

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  Le Bouddha a dit une fois qu’une simple lumière dorée à l’est signifiait le lever imminent du soleil, ainsi certaines qualités vertueuses signifient l'apparition imminente du Noble Octuple Sentier. Ces qualités sont les suivantes : S’associer avec des personnes bonnes et sages : avoir des maîtres et des amis qui instruisent, élèvent et agissent comme des modèles. S’accomplir en sila : s’entraîner à avoir une parole et une conduite mesurées et aimables ; ne pas agir ou parler d’une façon susceptible de nuire à soi-même ou à autrui. S’accomplir dans l’auto-motivation : canaliser ses désirs dans l’aspiration pour le bien, l’excellence et la vérité. S'accomplir dans l'identité conventionnelle (atta) : se consacrer à éduquer son rapport au monde matériel et social et à l'apprentissage du cœur et de la sagesse. S’accomplir dans une vision juste : maîtriser les principes de base du Dhamma qui constituent le fondement du chemin de la libération. S’accomplir dans l’attention :...

Lendurance et la patience mènent au but

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  Si nous sommes nés dans le monde humain et sommes entrés en contact avec le bouddhisme, c’est parce que nous avons créé beaucoup de bon karma dans nos vies antérieures. Mais que nous fassions ou non le meilleur usage de cette précieuse naissance humaine dépend avant tout d’un effort soutenu à long terme et sans relâche pour réaliser la vérité de l’enseignement du Bouddha par l’expérience directe de celle-ci. Un principe clé de cet effort est que lorsque nous nous sentons enthousiastes et pleins de foi, nous pratiquons. Lorsque nous nous sentons mal, découragés ou paresseux, nous pratiquons. A une occasion, on a demandé à Ajahn Chah à quelles causes et conditions il attribuait son grand accomplissement. Il a dit : “ En fait, quand j’étais jeune moine, j’avais beaucoup d’empêchements. S'il y a quelque chose qui me distinguait des autres moines, c’est que j’étais patient. J’ai enduré à travers toutes mes difficultés, je n’ai jamais abandonné. “ 13/11/21 Ajahn Jayasāro.

Ne pas s'identifier

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  Dans les années 70 un maître Zen coréen qui résidait aux Etats-Unis s’entendit demander : “Est-ce qu’une femme peut devenir un Bouddha ?”. Sans aucune hésitation il répondit d’un très ferme : “Non”. Il y eut un silence gêné parmi les nombreuses femmes de l’assistance. Après avoir laissé les nombreuses réactions se manifester suite à sa réponse, le maître ajouta : “Et un homme non plus”. Tant que vous vous identifiez au fait d’être un homme ou une femme, devenir un Bouddha est impossible. Dans le Samyutta Nikaya la bhikkhuni Soma fait une remarque similaire. Quand Māra la railla en lui disant qu'étant une femme elle ne pouvait pas atteindre la libération, Soma lui répliqua calmement qu’il perdait son temps. Où la féminité entre-t-elle en jeu quand l’esprit est bien concentré et quand la connaissance s’écoule correctement dans le Dhamma au travers d’une compréhension claire ? C’est à qui pourrait penser “Je suis une femme” ou “Je suis un homme” ou “Je suis n’importe quoi d’autre” q...

La conscience de la mort

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  Le Bouddha a souvent fait l'éloge de la pratique de l’attention portée à la mort. Il déclarait que si elle était bien cultivée, elle conduisait au Sans-mort. Lorsqu'il demanda un jour à un groupe de moines comment ils développaient cette pratique, l'un d'eux répondit qu'il pensait : « Que je vive seulement un jour et une nuit pour appliquer mon esprit à l'enseignement du Bouddha. Je pourrais accomplir une grande chose ! » Le Bouddha ne fut pas satisfait. Il jugea une telle attitude paresseuse et négligente. Le Bouddha fut très satisfait des réponses de deux autres moines. L'un d'eux dit qu'il pensait : « Puissé-je vivre juste le temps qu'il faut pour mâcher et avaler une seule bouchée de nourriture afin d’appliquer mon esprit à l'enseignement du Bouddha. Je pourrais alors accomplir une grande chose ! ». L'autre alla encore plus loin : « Puissé-je vivre juste le temps qu'il faut pour expirer après avoir inspiré, ou inspirer après avo...

Ne suivez pas vos émotions

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  Le dramaturge irlandais Samuel Becket a écrit qu'au moment où une personne s'arrête de pleurer, une autre commence à pleurer. Mais il aurait également pu exprimer cette idée en disant qu'au moment même où une personne commence à pleurer, une autre s'arrête. L’idée est identique, mais la formulation affecte nos émotions différemment. L'un des plus grands défis de la pratique du dhamma dans la vie quotidienne est de maintenir la pleine conscience durant les conversations. Une part importante pour atteindre cet objectif consiste à observer comment les mots et la façon dont ils sont assemblés affectent nos émotions. Si nous ne sommes pas attentifs lorsque nos émotions sont suscitées, nous avons tendance à dire des choses que nous regrettons par la suite. Certaines personnes utilisent le langage de façon à manipuler nos émotions à des fins commerciales ; d'autres le font pour nous persuader d'accepter leur point de vue ; d'autres encore le font par habitude...

Une longue vie

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  Dans toutes les contrées du monde, une longue vie est considérée comme un bienfait. Mais qu'est-ce qu'une longue vie ? Et si elle était définie en fonction du temps pendant lequel nous sommes conscients d'être en vie ? Selon cette définition, une personne de 60 ans qui dort 8 heures par nuit a seulement eu 40 ans de vie. Et si nous allions plus loin ? Personne ne souhaite avoir une longue vie misérable ; la perception positive d'une longue vie sous-entend qu'elle soit heureuse. Considérons donc la vie en termes de qualité et observons comment celle-ci est liée à la qualité de l'esprit. Ajahn Chah disait que chaque moment passé sans pleine conscience est une sorte de mort vivante. Comptez combien de temps de votre vie s'est écoulé en pilote automatique, perdus dans des rêveries sur l'avenir, ou à tuer le temps avec des préoccupations triviales et superficielles. Que de moments morts ! Et combien de temps avons-nous perdu à cause de l'avidité, de la ...

Première expérience et persévérance

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Il n’est pas rare pour les méditants de faire l’expérience profonde de l’état de samadhi lors de leur première retraite. Pour beaucoup c’est une expérience qui change leur vie. Leurs doutes quant au but et à l’importance de la pratique du Dhamma ainsi que leurs doutes quant à leur capacité d’en récolter les fruits disparaissent souvent complètement. L’engagement à l'entraînement de l’esprit s’en trouve considérablement renforcé. Cependant une telle expérience extraordinairement positive peut avoir ses inconvénients. Certains méditants passent les années suivantes à tenter de retrouver sans succès cette merveilleuse première expérience. Cela devient une obsession qui entrave leur pratique plutôt que de la soutenir. Une convergence de causes et de conditions aidantes peut, durant les circonstances particulières d'une première retraite de méditation, permettre d'entrevoir les profondeurs de l'esprit. C’est quelque chose dont on peut être reconnaissant et dont on peut appre...

La vue d'ensemble

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ll faisait frais et humide ce matin, ici à l’Hermitage. Après mon repas quotidien, je suis retourné dans mon kuti, je me suis enveloppé dans mon châle et j’ai préparé une tasse de thé.  Assis sur ma chaise regardant les arbres d’un vert éclatant autour du kuti et sirotant le thé, mon esprit s'est tourné vers le donneur du thé, et j’ai ressenti une vague d’appréciation. Puis mon esprit s’est tourné vers le sympathisant laïc qui a offert l’eau qui a servi à la préparation du thé, puis vers la personne qui a offert la tasse dans laquelle je buvais, puis la personne qui a offert la bouilloire, puis la personne qui a payé pour l’installation de l’électricité dans le kuti, puis la personne qui paie la facture d’électricité. Plus mon esprit réfléchissait à toute la générosité qui rendait possible cette seule tasse de thé, plus je l’appréciais. Être dans le moment présent n’est pas en soi le but de la pratique bouddhiste. Il y a différentes façons d’être dans le moment présent, certaines p...

La jalousie

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  En général, il n'est pas facile de trouver de la joie dans le bonheur ou les accomplissements des autres. C'est particulièrement difficile si c'est un bonheur ou une réussite que vous désirez pour vous-même mais qui vous fait défaut. C'est plus difficile encore lorsque la personne qui jouit maintenant de ces choses est quelqu'un que vous percevez comme un rival. Mais il est parfois facile de trouver de la joie dans le bonheur ou la réussite des autres. La joie vient naturellement, par exemple, lorsqu'un représentant de notre pays réussit bien lors d'une compétition. Personne (à l'exception peut-être de certains autres athlètes) n'est jaloux lorsqu'un athlète de son pays remporte une médaille aux Jeux Olympiques. La joie vient aussi très facilement en voyant le bonheur et les progrès de son propre enfant. On peut examiner une qualité que l'on souhaite développer de cette manière : regarder les cas où elle est facile à cultiver et ceux où ell...

La patience

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  La patience endurante (khanti) était louée par le Bouddha comme étant “l'incinérateur suprême” des souillures. Elle a été définie comme étant une “co-existence paisible avec ce qui est déplaisant”. Nous cultivons au mieux la patience endurante lorsque nous percevons clairement sa valeur et lorsqu'elle devient un objectif intermédiaire majeur pour nous sur notre chemin de pratique. Afin d'accomplir cela, nous devons nous rappeler encore et encore à quel point la patience est importante. Pour ce faire, nous contemplons les dangers auxquels nous expose son absence et les avantages d'en avoir. On se questionne : “Quelle souffrance avons-nous causé à nous-même et infligé aux autres dans le passé par manque de patience ? Quel bonheur et bénéfice avons-nous expérimentés dans notre vie, du fait de notre pratique de la patience ? Combien plus de souffrance nous attend dans le futur si nous négligeons de cultiver la patience ? Quelle part de notre bonheur futur et de notre prog...

Le champignon solitaire

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Une forte pluie était tombée, des heures durant. Une fois la pluie passée, deux femmes, une belle-mère et sa belle-fille, partent dans la forêt à la recherche de champignons. La plus jeune d’entre elles connaît un endroit dans les collines derrière le village où les champignons poussent en abondance. Elle est bien décidée à y aller aussi vite que possible. La belle-mère à son idée à elle. Tout au long du chemin, à chaque fois qu’elle voit un champignon, elle s'arrête pour le cueillir. La plus jeune commence à se sentir frustrée : “ Maman, maman, dépêche-toi ! On doit absolument arriver à la clairière. Il y a des centaines de champignons là-haut. Ici, il n’y en a qu’un par-ci, un par-là. Il nous faudra des heures avant d’en avoir assez, ne perdons pas plus de temps ”. Mais la femme plus âgée ne l’écoute pas. La belle-fille finit par avoir envie de hurler puis finalement, perdant patience, elle dit sèchement : “ Je pars devant ” et s’en va à grands pas. Après avoir grimpé la colline ...

Premier éveil

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  L’autre jour une bouddhiste laïque me parlait de la frustration qu’elle ressentait en essayant d’encourager sa fille à s’intéresser au Dhamma. Elle disait que sa fille insistait sur le fait qu’à son âge elle n’avait pas besoin de cela. La jeune femme disait que le Bouddhisme ça ne parle que de souffrance et qu’à son âge elle en avait très peu. A son âge, elle était plus intéressée à profiter de la vie. J’ai suggéré à la mère d’offrir à sa fille un travail de trois heures très bien payé. Tout ce qu’elle aurait à faire pour gagner cet argent serait d’entrer dans une pièce vide sans aucun de ses appareils, sans livre ni aucune autre distraction et d’y passer les trois heures en sa propre compagnie. Il lui faudrait être consciente tout au long : si elle venait à chercher une échappatoire dans le sommeil, elle ne serait pas payée. Ce genre d’expérience peut changer la vie. Se rendre compte combien il est difficile de rester avec soi-même, quel défi cela représente de demeurer éveillé ...

La flèche empoisonnée

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  Sans la pleine conscience, nous ressentons la douleur physique et mentale comme indissociable du désir de ne pas l'éprouver. Sans la pleine conscience nous faisons l'expérience des problèmes liés à nos circonstances matérielles et liés aux personnes qui nous entourent, sans pouvoir les séparer du désir de ne pas les avoir. Le Bouddha a comparé l'expérience de la douleur et de l'inconfort qui surviennent dans notre vie au fait d'être percé par une flèche. Mais, disait-il, les désirs et les peurs qui surgissent en fonction de la douleur sont comme un poison que nous appliquons nous-mêmes sur la pointe de la flèche. Ne pas vouloir ressentir la douleur et l'inconfort amplifie la souffrance qui en découle. En conséquence, nous pouvons être en proie au stress, au ressentiment, à la rage, à l'anxiété, à la dépression et au désespoir. Mais avec la pleine conscience et la patience, nous pouvons faire face à la douleur et à l'inconfort inévitables, sans résistan...

La voie du succès

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  Les êtres humains ne sont pas si doués que cela pour s'auto-évaluer. La surestimation des connaissances, des compétences et de la compréhension est monnaie courante dans tous les domaines de la vie. Une étude des entreprises high-tech aux Etats-Unis a révélé qu'entre 30-40% des ingénieurs en informatique (logiciel) évaluaient leurs compétences comme étant dans le top 5% de leur entreprise. Dans une étude bien connue de l'Université de Nebraska, 90% des membres de la faculté évaluaient leur enseignement au-dessus de la moyenne, et 68% se considéraient eux-mêmes dans le top 25%. Notre tendance à passer sous silence, à justifier ou à complètement détourner le regard de nos fautes peut avoir de sérieuses répercussions. Pour se prémunir contre cela nous avons besoin de nous engager à saccaparamī, la perfection de la vérité. A travers cet amour de la vérité et le rejet de toute tromperie, nous pouvons trouver le courage de regarder à l'intérieur, sans broncher, même les cho...

La lumière de l'esprit

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  Une bougie dans le vent émet une lumière vacillante qui ne permet aucune sorte d'étude ou de travail détaillé. De même, un esprit indiscipliné émet une lumière insuffisante pour éclairer la culture de Vipassanā. La méditation est le moyen par lequel nous mettons la bougie à l’abri du vent. En conséquence, la flamme de l'esprit devient si calme, si brillante et si chaude qu'on pourrait l’utiliser pour enfiler une aiguille. Comprendre la nature impermanente, intrinsèquement insatisfaisante et sans « soi » des phénomènes en tant qu'expérience directe, est ce qui libère l'esprit de ses attachements. Mais c'est la clarté et la stabilité de Samādhi qui rendent cette compréhension possible. Ajahn Jayasāro 28/09/21

L'essentiel

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Si nous sommes prêts à prendre du recul par rapport au flot incessant de nos vies, nous devenons conscients que nous sommes interpellés par la brièveté et l’imprévisibilité de notre existence. Qu’est-ce qui est essentiel et qu'est-ce qui ne l’est pas ? Qu’est-ce qui a de la valeur ? Qu’est-ce qui est vraiment précieux ? Ce sont des questions qu’étonnamment peu de gens vont aborder. Nous vivons à une époque où un si grand nombre de nos esprits les plus brillants sont engagés dans des projets qui soit nuisent à eux-mêmes et à autrui, soit sont, en fin de compte, frivoles. Tous ces gens, qui proposent des réponses habiles à des questions idiotes ! Dans le Dhammapada, le Bouddha a dit : “ Dans l’inessentiel ils imaginent l’essentiel, dans l’essentiel ils voient l’inessentiel – ceux qui entretiennent de telles pensées erronées ne réaliseront jamais l’essence. Ce qui est essentiel, ils le considèrent comme essentiel, ce qui est inessentiel, ils le considèrent comme inessentiel – ceux qui...

Pourquoi les dirigeants font des erreurs

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  Il ne suffit pas de choisir des dirigeants intelligents. Les personnes intelligentes ne sont pas forcément particulièrement judicieuses. Elles ne sont pas nécessairement des penseurs avisés. Elles ne sont, en aucun cas, exemptes de mauvais jugement. Le Bouddha a identifié quatre biais (agati) comme causes les plus courantes de l'incapacité des personnes brillantes à utiliser leur intelligence à bon escient. Lors de l'acquisition d'informations, de l'évaluation des informations et de la prise de décision basée sur des informations reçues, des erreurs sont commises en raison de : I. L'avidité et le désir pour les plaisirs sensuels, la richesse, le statut, le pouvoir, la célébrité. II. La colère, l'aversion, l'inimitié, l’animosité, la rancune. III. L'illusion : l'anxiété, la dépression, l'agitation, le stress, la confusion, l'orgueil, l'excès de confiance. IV. La peur de souffrir, la peur d'être séparé des plaisirs des sens, de la ric...

Le commentateur

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  La pratique du Dhamma peut se résumer simplement à apprendre comment expérimenter, tout en demeurant dans le moment présent : La vue en tant que vue L'ouïe en tant qu'ouïe L'odorat en tant qu'odorat Le goût en tant que goût Le toucher en tant que toucher La sensation en tant que sensation La mémoire en tant que mémoire La perception en tant que perception La pensée en tant que pensée L'imagination en tant qu'imagination Plus facile à dire qu'à faire, je pense que nous en serons tous d'accord. Cependant on peut beaucoup apprendre simplement en examinant pourquoi en apparence une tâche si simple est tellement difficile. Observez tout particulièrement le commentaire qui défile habituellement en arrière-plan : les histoires qu'il crée et entretient, les jugements, les préjugés, les désirs et les peurs. Quand vous découvrez comment baisser le volume du commentateur - ou peut-être même comment l'éteindre complètement - la vie s'en trouve transfor...

Où le coeur trouve-t-il son vrai refuge?

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  La renonciation aux désirs, aux pensées et aux souvenirs sensuels est une des clefs indispensables pour que l’esprit aille au-delà des empêchements et entre dans un état de samādhi. A cette fin, le Bouddha a encouragé l’analyse du plaisir sensuel. Comprendre les désavantages de la sensualité donne à l'esprit l'habileté de s’en détacher au moment voulu. Bien que les bouddhistes laïcs généralement n’aspirent pas à complètement abandonner le plaisir sensuel, il est important pour eux d’apprendre à gouverner le plaisir sensuel avec sagesse, particulièrement s’ils cherchent à progresser sur la voie de la méditation. Par cette analyse, on peut considérer par exemple: le plaisir des sens est-il vraiment satisfaisant ? Est-il jamais à la hauteur de nos attentes? S’il l’est, combien de temps cela dure-t-il ? Quel est le ressenti du désir pour le plaisir des sens ? Est-ce agréable ? Comment ressent-on la familiarité avec un plaisir quelconque et comment ressent-on la séparation d’avec ...

La paix de la vue claire

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  Hier, j'étais assis avec un autre moine dans le pavillon au toit de paille de mon ermitage. Une pluie fine tombait et il régnait une température fraîche et agréable. Regardant vers le Sud, derrière le grand bouddha de pierre bagué de son étang de fleurs de lotus, les pics de Khao Yai se détachaient sur le ciel ennuagé. Soudain, un mouvement inhabituel devant le bouddha a attiré mon regard. Je me suis levé, et j'ai marché vers lui. En me rapprochant de l’étang de lotus, je me suis rendu compte que l’objet de mon regard était un cobra royal avec une grande grenouille entre les mâchoires. La grenouille était sous le choc. Elle luttait un peu, mais son effort semblait résigné, sans conviction. Elle savait qu’il était trop tard, que son temps était venu. Aussitôt, le serpent est retourné dans son nid au pied de l’arbre, son trésor à la bouche. Nous deux moines, avons repris notre conversation. Il y a une sorte de paix qui résulte de fermer les yeux devant la vulnérabilité et l...