Ce qui est impossible
Les enseignants sont particulièrement confiants lorsqu’ils s’expriment à partir de leur propre expérience. Là où ils vont parfois trop loin, c’est lorsqu’ils affirment : « Seule cette approche est la bonne. » Ils veulent dire par là qu'ils ne peuvent concevoir comment ils auraient pu parvenir à cette compréhension autrement. Mais la question de savoir si la succession d’étapes qui a conduit à leur compréhension exprime des lois universelles de la nature ou si elle leur est propre laisse place au doute. Les esprits varient tellement d’une personne à l’autre.
L’une des qualités d’un Bouddha est qu’il est conscient de la différence entre ce qui est fort improbable et ce qui est impossible. Parmi les expressions utilisées par le Bouddha dans les suttas pour désigner cette dernière notion, on trouve notamment « aṭṭhānaṃ, etaṃ anavakāso… netaṃ ṭhānaṃ vijjati » (C’est impossible ; il n’y a aucune possibilité… une telle chose ne peut se produire.)
Il dit, par exemple, qu’il est impossible que deux Bouddhas apparaissent en même temps. Ailleurs, il affirme qu’il est impossible pour ceux qui sont entrés dans le courant de considérer un phénomène conditionné comme permanent, comme source de vrai bonheur ou comme un soi. Il est impossible pour ceux qui sont entrés dans le courant de vivre sans respect pour le Bouddha, le Dhamma, le Sangha et l’entraînement.
Le Bouddha dit également que ceux qui sont entrés dans le courant « ne peuvent revenir à ce qui ne devrait pas être entrepris ». Le commentaire explique que cela inclut la capacité d’enfreindre l’un des cinq préceptes, mais le Bouddha ne le précise pas. Il dit toutefois qu’il est impossible pour ceux qui sont entrés dans le courant d’ôter la vie à leur mère, à leur père ou à un arahant. Ils ne peuvent ni faire saigner délibérément un Bouddha, ni provoquer un schisme au sein du Sangha, ni se tourner vers un autre enseignant.
AJ. 17/10/26

